J’ai eu une conversation il y a quelques semaines avec une jeune psychologue. Master 2, stage de 500 heures bouclé, numéro RPPS obtenu. Elle avait tout fait dans les règles. Et elle m’a dit, un peu perdue : « Je ne savais pas que le plus dur, c’était après le diplôme. »
Cette phrase m’a restée. Parce qu’elle résume quelque chose que j’observe régulièrement dans l’accompagnement de professionnels de santé libéraux : la formation prépare au métier, pas à l’exercice. Et ce n’est pas la même chose. Le diplôme ouvre une porte. Il ne dit pas ce qu’il y a derrière. Un psychologue en France, c’est cinq ans d’études minimum, un master avec spécialisation, un stage clinique de 500 heures, un enregistrement obligatoire au RPPS.
C’est un parcours long, exigeant, sélectif. Et au bout de ce parcours, si on choisit le libéral, on se retrouve seul face à des questions pour lesquelles on n’a reçu aucune formation : comment trouver ses premiers patients ? Quel statut choisir ? Est-ce que mes données sont vraiment conformes au RGPD ? Est-ce que je relève de la CIPAV ou du Régime Général ? Ce n’est pas un manque de courage ou de compétence. C’est un angle mort systémique.
Ce que le libéral implique vraiment Exercer en libéral, c’est une liberté réelle : choisir ses patients, ses approches thérapeutiques, son emploi du temps. C’est aussi une incertitude réelle, surtout les premières années.
Constituer une patientèle stable prend du temps. Pendant ce temps-là, les charges, elles, ne prennent pas de pause. L’assurance responsabilité civile professionnelle est obligatoire dès le premier jour. La déclaration d’activité se fait via le guichet unique de l’INPI.
Le logiciel de gestion doit être hébergé chez un prestataire certifié Hébergeur de Données de Santé pas Dropbox, pas Google Drive, pas Zoom sans certification. Ce sont des contraintes réelles, pas des détails administratifs. Beaucoup de psychologues que j’accompagne choisissent d’abord l’exercice mixte : une partie salariée en institution pour la sécurité, une partie libérale pour construire progressivement.
Ce n’est pas un compromis. C’est souvent la stratégie la plus solide. Ce qui se passe quand on ne s’y prépare pas J’ai vu des psychologues très compétents se retrouver en difficulté non pas parce qu’ils manquaient de talent clinique, mais parce qu’ils n’avaient pas anticipé la charge administrative, la solitude du libéral, ou les premières années sans revenus stables.
J’ai vu des cabinets bien installés se fragiliser à cause d’une non-conformité RGPD découverte tardivement. J’ai vu des praticiens épuisés parce qu’ils géraient seuls la comptabilité, la facturation, le développement de leur patientèle en plus du travail clinique, qui est en soi émotionnellement intense. La fatigue de compassion est réelle dans ce métier.
Supervisions régulières, analyse de pratiques, parfois un accompagnement thérapeutique personnel : ce ne sont pas des luxes. Ce sont des outils de protection. Ce que j’ai voulu faire avec ce Livre Blanc. Chez Myklinica, on a créé ce guide parce qu’on croit qu’un professionnel bien informé sur son cadre d’exercice est un professionnel qui peut se concentrer sur ce qui compte vraiment : ses patients.
Le livre blanc couvre ce que le master ne dit pas : l’enregistrement RPPS, les démarches d’installation en libéral, les obligations RGPD concrètes, le secret professionnel dans ses deux dimensions absolu en cabinet, partagé en institution, les spécialités, les évolutions de carrière, le dispositif MonSoutienPsy. Ce n’est pas un manuel juridique. C’est une boussole pour celles et ceux qui se lancent ou qui veulent comprendre là où ils en sont. Il n’est surement pas exaustif, pas parfait mais il existe…
C’est exactement pour ça qu’on a créé MyKLINICA. Parce qu’on sait que vous, professionnels du soin, vous êtes particulièrement touchés par cette hyperconnexion et cette surcharge mentale. Notre idée ? Vous permettre d’exercer dans un cadre plus souple, en vous facilitant l’accès à des espaces disponibles à la demande, partout en France.
La psychologie libérale est une voie qui a du sens. Elle permet une présence au patient difficile à atteindre dans des structures saturées. Elle permet aussi de construire une pratique vraiment à soi, sur le long terme. Mais elle demande de regarder en face ce qu’on ne voit pas dans les études : la gestion, la solitude, l’incertitude des débuts, les obligations réglementaires qui ne pardonnent pas l’improvisation. S’y préparer, ce n’est pas perdre son idéal.
C’est se donner les moyens de le tenir dans la durée. Vous pouvez télécharger le Livre Blanc Psychologue gratuitement ci dessous... Et si vous êtes psychologue, ou si vous accompagnez des psychologues dans leur installation qu’est-ce qui vous a le plus manqué comme information au moment de vous lancer ?