Les questions liées à la sexualité occupent aujourd’hui une place de plus en plus importante dans les parcours de santé et de bien-être. Difficultés sexuelles, baisse du désir, douleurs, troubles de l’érection, questionnements identitaires, impact d’une maladie sur la vie intime ou problématiques de couple : les motifs de consultation sont nombreux et concernent toutes les générations.
Face à cette demande croissante, le métier de sexologue attire de plus en plus de professionnels issus de la santé, de la psychologie ou de l’accompagnement. Pourtant, la sexologie reste un domaine souvent mal compris, tant par le grand public que par certains praticiens eux-mêmes.
Avant de s’installer, il est indispensable de comprendre les réalités du métier, les différents parcours de formation, le cadre réglementaire et les conditions nécessaires pour développer une activité durable.
Le sexologue accompagne les personnes confrontées à des difficultés liées à leur vie affective, relationnelle ou sexuelle. Son rôle consiste à aider ses patients à mieux comprendre les problématiques qu’ils rencontrent, à identifier leurs origines possibles et à construire des solutions adaptées à leur situation.
La sexualité étant influencée par de nombreux facteurs, le sexologue travaille rarement sur une seule dimension. Les difficultés sexuelles peuvent avoir des origines biologiques, psychologiques, émotionnelles, relationnelles ou encore sociales. Une baisse de désir peut par exemple être liée à un stress professionnel important, à des tensions dans le couple, à un changement hormonal ou à une maladie chronique. Le rôle du sexologue est précisément d’appréhender cette complexité dans sa globalité.
Les consultations concernent aussi bien des personnes seules que des couples. Certaines viennent pour résoudre une difficulté précise, d’autres cherchent à améliorer leur communication intime, à retrouver une vie sexuelle épanouie ou à mieux comprendre leur fonctionnement affectif et relationnel.
Le quotidien du sexologue ne se limite pas aux consultations. Comme pour de nombreuses professions d’accompagnement, une partie importante du travail se déroule en dehors des rendez-vous. La veille scientifique, la formation continue, la supervision, la préparation des séances et la gestion administrative occupent une place importante dans l’organisation de l’activité.
La première difficulté lorsqu’on s’intéresse à la sexologie est de comprendre qu’il n’existe pas un seul métier de sexologue.
En France, le titre de « sexologue » n’est pas réglementé de manière uniforme.
Plusieurs situations coexistent.
Les professionnels de santé spécialisés en sexologie
Médecins, gynécologues, psychiatres, sages-femmes, kinésithérapeutes ou infirmiers peuvent suivre des formations universitaires complémentaires en sexologie.
Ces professionnels conservent leur profession d’origine tout en développant une expertise spécifique.
Les psychologues spécialisés en sexologie
Les psychologues peuvent également suivre des diplômes universitaires ou des formations spécialisées en sexologie clinique.
Ils interviennent principalement sur les dimensions psychologiques et relationnelles.
Les sexologues non médecins
Certaines formations privées permettent de se spécialiser dans l’accompagnement sexologique sans être professionnel de santé.
Dans ce cas, il est indispensable de communiquer clairement sur son champ de compétence afin d’éviter toute confusion avec les professions réglementées.
Avant de choisir une formation, il est important de vérifier :
L’installation nécessite la création d’une activité professionnelle et l’obtention d’un numéro SIRET.
Le choix du statut dépend du profil du praticien et de son volume d’activité.
La micro-entreprise
Elle constitue souvent la solution privilégiée au démarrage.
Ses avantages : simplicité administrative, faibles coûts de gestion, comptabilité allégée.
Ses limites apparaissent lorsque l’activité se développe fortement.
Le régime réel
Il permet de déduire : le loyer, les frais de cabinet, les formations, la supervision, les logiciels, les dépenses de communication.
Il devient souvent plus pertinent lorsque les charges augmentent.
Les obligations complémentaires
Le sexologue exerçant en libéral doit également prévoir : une assurance Responsabilité Civile Professionnelle, la conformité RGPD, un système sécurisé de gestion des dossiers, des Conditions Générales de Vente, un médiateur de la consommation.
Les revenus varient selon : la profession d’origine, la spécialisation, la localisation, la notoriété, le taux de remplissage du cabinet.
En pratique :
Consultation individuelle
Les honoraires se situent généralement entre 60 € et 120 € selon l’expérience et la région.
Thérapie de couple
Les séances sont souvent facturées entre 90 € et 180 €.
Activités complémentaires
De nombreux sexologues développent également : des conférences, des formations, des ateliers, des interventions en entreprise, des contenus pédagogiques.
Une activité bien développée peut générer un chiffre d’affaires confortable, mais la rentabilité dépend fortement de la régularité des consultations et du positionnement du praticien.
Les principales charges comprennent : cotisations sociales, assurance, supervision, formation continue, location du cabinet, communication.
La sexologie répond aujourd’hui à un besoin sociétal majeur autour de la santé sexuelle, de la vie affective et du bien-être relationnel. Bien préparée, l’installation permet de développer une activité utile, humaine et durable, au service d’un sujet encore trop souvent entouré de silence ou de tabous.