Le terrain de jeu est immense : le langage humain dans toutes ses dimensions. La parole, la compréhension, la lecture, l’écriture, le calcul, la mémoire, la déglutition, la communication non verbale. Tout ce qui permet à une personne de recevoir et d’émettre du sens avec les autres.
Ce qui frappe d’abord dans ce métier, c’est la diversité des patients. Le tout-petit qui tarde à parler. L’enfant de 7 ans qui se débat avec les lettres. L’adolescent qui bégaie. L’adulte victime d’un AVC. La personne atteinte de Parkinson dont la voix s’éteint progressivement. Le nourrisson qui a du mal à téter. De la naissance à la fin de vie, chaque étape peut nécessiter son expertise.
Dans les faits, l’orthophoniste intervient sur le langage oral et écrit, les fonctions cognitives et neurologiques, la voix, la déglutition, et la communication des personnes en situation de polyhandicap ou de troubles autistiques. C’est un champ qui exige une formation solide et une mise à jour permanente des connaissances.
Un chiffre dit beaucoup sur les aspirations de la profession : 85 % des orthophonistes exercent en libéral ou en exercice mixte. La grande majorité a fait le choix de l’indépendance. Et la profession reste très féminisée, avec environ 97 % de femmes dans ses rangs.
L’exercice libéral, c’est la liberté d’organisation, l’autonomie clinique, la relation suivie avec les patients dans la durée. 85 % de la profession y a choisi de s’installer. En libéral, l’orthophoniste fixe ses horaires, gère son agenda, choisit ses patients et ses approches thérapeutiques.
La téléorthophonie s’est développée significativement depuis 2020. Les séances à distance par visioconférence sont désormais remboursées par l’Assurance Maladie sous conditions une avancée réelle pour améliorer l’accès aux soins dans les zones sous-dotées.
L’exercice salarié hôpital public, cliniques, établissements médic-sociaux, EHPAD, CAMSP offre la sécurité d’un salaire garanti et le travail en équipe pluridisciplinaire, au prix d’une rigidité des horaires et d’une évolution salariale encadrée.
Le mixte est souvent la voie la plus intelligente pour une transition : sécuriser une base de revenus avec un mi-temps salarié tout en construisant progressivement une patientèle libérale.
Et pour ceux qui démarrent sans vouloir s’engager dans un bail long dès le premier jour : le coworking thérapeutique est une solution de plus en plus adoptée. C’est précisément ce que nous proposons chez MyKLINICA des espaces adaptés, flexibles, pour que l’installation ne soit pas un saut dans le vide financier.
Ce serait lui rendre un mauvais service que de ne pas le dire.
Les revenus en libéral restent modestes par rapport aux cinq années d’études et aux responsabilités engagées. La profession mène régulièrement des actions pour revaloriser les actes avec des avancées réelles mais souvent jugées insuffisantes.
La charge administrative est lourde et sous-estimée. Selon une étude de la FNO, les orthophonistes consacrent en moyenne dix heures par semaine à des tâches non rémunérées : rédaction de bilans et comptes rendus, facturation, suivi des prescriptions. Dix heures par semaine. C’est une journée et demie qui n’apparaît dans aucun tarif d’acte.
L’exposition émotionnelle est réelle. Accompagner des enfants qui souffrent de leurs difficultés scolaires, des adultes aphasiques qui luttent pour retrouver les mots, des familles face à une maladie dégénérative : tout cela demande une robustesse intérieure que la formation prépare insuffisamment. La supervision et les groupes de pairs ne sont pas un luxe ce sont des outils pour tenir dans la durée.
Les délais d’attente, enfin, sont un problème structurel. Dans de nombreuses régions, il faut plusieurs mois parfois plus d’un an pour obtenir un rendez-vous. C’est une pression supplémentaire sur des praticiens qui ne peuvent pas tout absorber.
Chez MyKLINICA, notre mission est de rendre l’accès aux soins plus fluide et plus équitable en facilitant l’installation et la mobilité des professionnels de santé.
Très vite, on a compris qu’une bonne plateforme ne suffisait pas si les professionnels qui s’installent n’ont pas les informations concrètes dont ils ont besoin. Formation, revenus réels, démarches administratives, modes d’exercice, contacts utiles : c’est pour ça qu’on a conçu ce livre blanc.
Parce qu’un orthophoniste bien installé, bien informé, dans un espace adapté c’est un orthophoniste qui peut soigner comme il a choisi de soigner.
Et dans un pays où les déserts orthophoniques sont une réalité, ça compte pour tout le monde. Pour le professionnel. Et pour les patients qui attendent.